Le photographe

Hervé Valez

« Mon regard est mon inspiration et la photo son expression. »

     Qu’il est loin le temps de mon premier appareil photo… un instamatik, avec ces photos d’enfance, de famille ou de paysages bien cadrées au carré. Bien après, jeune adulte, c’est par les voyages que je découvre mieux la photographie. Ecriture et photographie sont alors pour moi mon devenir. Une rencontre en MPT est décisive. Merci à Michel de m’avoir fait confiance et donné l’accès d’un laboratoire bien équipé. Ma curiosité et le besoin de contrôler tous les paramètres de la prise de vue au tirage ont pu s’assouvir rapidement. Très vite, animé par ce qui devenait une passion dévorante, je rassemblais dans un club un petit groupe de photographes.

     Je réalise mes premières expositions à Miramas (13), Istres et Martigues à partir de 1978. En 1981 c’est ma première exposition collective aux R.I.P. d’Arles. Dans le même temps Je dirige des stages de formation photo à Miramas et Martigues, puis en 1983 la photographie devient mon métier.

     Après avoir voyagé en Afrique, en Europe, en France, et créé mon activité sur Martigues, je pose finalement, presque par hasard, mes valises (et mes sacs photo) dans les Cévennes. Je découvre une région exceptionnelle par ses paysages, ses habitants, et son histoire. C’est ainsi qu’en parcourant les montagnes cévenoles je réalise de nombreuses photos et quelques films. Tout naturellement cela donne des expositions à Anduze, Les Mages, Générargues, Nimes et Alès.

     Ma recherche se concentre aujourd’hui à restituer  l’impact du vécu et des sentiments de ce qui s’offre à mon regard. L’œil subjectif l’emporte sur l’objectif. La technique n’est plus qu’un instrument au service du ressenti.

     Pour réaliser pendant trente ans ce que je qualifirai de « quête » j’emploie deux techniques apparemment contradictoires qui parfois se superposent et qui me font mener de front deux démarches photographiques: D’un côté, une photo spontanée, sur le vif, restituée telle quelle sans artifice ni recadrage, qui est l’instant privilégié de mon regard, libre de se poser ou il veut; de l’autre, une longue réflexion  sur l’image définitive me poussant à utiliser les prises de vue comme une matière première, une espèce de glaise que je malaxe et retouche ensuite jusqu’à obtenir satisfaction. Dans tous les cas le résultat est une alchimie qui tient plus de l’art que de la technique. L’art d’observer avec passion le monde et l’art de creuser en soi pour y trouver un écho.

     Je vous propose sur ce site une part de la quintessence de mon inspiration.